Variabilité cardiaque chez des sportifs vétérans spécialistes de la course longue distance

Résumé d’une partie de la thèse de médecine de Thomas Leti  “Intérêt de la variabilité de la fréquence cardiaque dans les dysautonomies“, Université de Grenoble, 2012.

Lien vers la thèse

Une partie de cette thèse est intitulée “SNA et activité physique chez les athlètes seniors“, page 78.

Pour moi l’intérêt de cette lecture vient de la difficulté à interpréter les données de la variabilité cardiaque. En effet ,la majorité des études sur ce sujet s’intéressent aux athlètes de haut niveau. On ne peut donc pas faire de comparaison. Le fait que les sujets de l’étude de par leur âge et leur activité, “me ressemble” (mon âge est de 52 ans et je pratique les sports dit d’endurance avec la même fréquence d’entrainement), me permet de faire des comparaisons. La première chose à faire étant de calculer une valeur de référence. Pour moi, si je remonte à 2013, je trouve une valeur de RMSSD entre 44 et 47 en étant en forme. Ce chiffre diminue à 24 avec la fatigue ! Si on prend les ondes HF, elles passent de 43 (n.u) en forme à 18 n.u avec la fatigue. Attention cependant aux comparaisons hâtives,car pour pouvoir comparer, il faut respecter les mêmes protocoles. Dans cette étude, les relevés se font la nuit alors que moi je prend les mesures le matin à jeun.

L’auteur a suivi 10 coureurs seniors (spécialistes en course longue distance) âgés de 51 ans en moyenne (+ou – 5),  s’entraînant 4.5 heures par semaine (+ou-1.8), avec 4 entraînements par semaine.

la VMA moyenne des sujets de l’étude : 16.4 (14.5 à 18.5)

Vo2max 57.3 (50.8 à 64.8)

Fc repos 53 (33 à 62)

Fc max 173 (166 à 177)

10 000 m 44’21 (39’02 à 53’19)

Les enregistrements de la FC sont nocturnes sur une nuit entière. Les sujets sont équipés d’un cardiofréquencemètre (polard RS800). Le traitement des données se fait sur une période de 30′ lors de la première phase de sommeil.

4 types de données :

Dans un premier temps, arrêt de la pratique pendant 14 jours afin de disposer d’une mesure de la VFC de référence (Nrepos)

Nent: correspond à une mesure un jour d’entrainement

Ncom: correspond à un enregistrement suite à une compétition (ici un trail de 42.5km avec 2600m de dénivelé positif)

Nrec: correspond à un enregistrement après un jour de repos

L’étude à duré 12 semaines.

Résultats:

Le suivi de coureurs à pieds seniors nous a permis d’observer une majoration de l’activité sympathique ainsi qu’une diminution du tonus parasympathique sous l’effet de l’entrainement, et plus encore de la compétition.

La VFC décline avec l’âge et c’est particulièrement la composante parasympathique du SNA qui est la plus altérée, comme en témoignent les valeurs de HF.”

En effet, après 14 jours de repos, la valeur RMSSD est de 40 en moyenne et elle diminue à 35.5 après un jour d’entrainement (34.8 après un jour de repos) pour atteindre 26.5 après une compétition éprouvante.

Concernant les ondes haute Fréquence (HF) ,à partir de la valeur de référence (37.9 n.u après 14 jours de repos), on observe une baisse avec l’entrainement (32.7 Nent) et une valeur de 24 après la compétition.

Le rapport LF/HF passe lui de 2.06 (Nrepos valeur de référence) à 2.46 (Nent) à 3.86 (Ncom).

…un mode de vie sportif aiderait à maintenir une activité parasympathique élevée,à modérer l’activité sympathique,et donc à ralentir les effets du vieillissement.”

Avec le REPOS, on observe “une augmentation globale de l’activité nerveuse parasympathique au niveau du nœud sinusal, et une activité sympathique basse.”

En plus du relevé des FC nocturne, les sujets ont répondu à des questionnaires, notamment afin de déterminer leur état de fatigue. “Certains auteurs ont suggéré que le syndrome de surentraînement aurait des causes similaires aux état de dépression.